La Suppression d'un Tatouage

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Le tatouage est de plus en plus présent dans notre société. Il est de plus en plus courant d’en arborer un, et ce, comme vu précédemment, sur bon nombre des parties de notre corps. Toutefois, en parallèle du développement du tatouage, un autre genre qui lui ait étroitement raccroché se diversifie lui aussi : le détatouage.

En effet, si de plus en plus de monde désire porter un tatouage, il y a aussi en même temps des personnes qui regrettent ce choix. Porter un tatouage permanent est quelque chose qui, comme l’exprime son nom, est irrémédiable. De ce fait, de plus en plus de personnes portent un tatouage qu’elles n’assumeront plus avec le temps.

Si la science a aujourd’hui évoluée, et permet avec l’aide de plusieurs techniques de suppression du tatouage, alors que ce n’était pas le cas il y a encore quelques années. Aussi, alors qu’aujourd’hui on peut choisir de se faire retirer un tatouage avec plus ou moins d’efficacité, en utilisant des lasers de dépigmentations, avant, pour « effacer » un tatouage qui ne convenait plus, on pratiquait le recouvrement.

Voyons donc les différentes méthodes qui permettent de retirer un tatouage permanent.

Le recouvrement :

Il faut d’abord savoir qu’en usant de la technique du recouvrement, on ne retirait en aucun cas le tatouage. Il s’agissait en réalité de recouvrir le tatouage par un autre. De ce fait, le tatoueur insérait d’autres pigments dans la peau, et formait un autre dessin par-dessus celui qui existait à la base.

Pour réaliser cette technique, le tatoueur agissait de la même manière que pour faire un premier tatouage, comme nous vous l’avons expliqué précédemment.

Néanmoins, la technique varie légèrement, au vu que le tatoueur devait faire attention un pigment qu’il utilisait pour recouvrir. En effet, pour que le recouvrement puisse fonctionner, les pigments devaient être d’une couleur plus foncée que ce qu’ils étaient à la base. Si un tatoueur tentait tout de même de recouvrir un pigment foncé d’un autre plus clair, même si le résultat semblait d’un premier abord avoir fonctionné, le pigment tournait tout de même quelques semaines après.

Toutefois, cette technique, qui est encore utilisée de nos jours dans certains cas, soulevait quelques problèmes. A savoir que les tatouages les plus foncés étaient généralement impossible à recouvrir, mais aussi que le tatouage était environ trois fois plus gros après le recouvrement (voir photo ci-contre).

La Suppression d’un tatouage :

Intéressons- nous donc maintenant à d’autres manières de traiter un tatouage devenu indésirable par son propriétaire. Voyons dans un premier temps les techniques qui nécessitent une opération chirurgicale, très peu utilisées, puis une technique américaine encore méconnue en France, le Rejuvi, la dermabrasion, et enfin deux types différents de lasers.

Retirer un tatouage grâce à la chirurgie

La greffe de peau

La greffe de peau est la technique la plus couteuse, et aussi la plus douloureuse pour retirer un tatouage. Elle consiste à greffer de la peau artificielle créée en laboratoire sur le patient, de manière à recouvrir le tatouage entièrement. Cette manière de faire n’est pas très rependue, et n’est utilisée que par des personnes fortunées, l’opération montant rapidement à plusieurs dizaines de milliers d’euro. Elle est utilisée car elle ne laisse aucune cicatrices. Il s’agit cependant d’une technique de moins en moins répandue.

L’étirement de la peau

L’étirement de la peau est une technique qui consiste, comme son nom l’indique, à étirer la peau, ce qui peut permettre l’éradication complète du tatouage. Mais cette technique elle non plus n’est pas très développée, et très peu utilisée. Il est préférable d’utiliser cette méthode dans le cas de petits tatouages.

Retirer un tatouage avec la méthode Rejuvi

Le Rejuvi est une technique qui extrait l’encre du tatouage. Venue des Etats-Unis, elle permet, avec l’aide d’un pistolet adapté, de retirer un tatouage. Pour se faire, le pistolet introduit sous la peau une crème, qui va entrainer un processus de dépigmentation. Grâce à cette méthode, l’encre remonte à la surface de la peau, et peut ainsi être retirée.

Cette technique nouvellement importée se trouve avoir un coût moins important que les techniques de laser que nous verrons par la suite, mais elle met aussi du temps à être efficace, et il faut un certain temps avant d’arriver à un résultat acceptable.

 

 

 

Voici ici un exemple d’extraction des pigments avec la méthode Rejuvi.

 

La technique de la Dermabrasion

La dermabrasion est la technique la plus douloureuse après la greffe de peau. Elle doit être réalisé par un dermatologue ou un chirurgien plastique, et consiste à poncer la couche supérieure de la peau, à l’aide d’un acide. Cette action est répétée plusieurs fois afin de retirer les couches les plus profondes d’encre. Cette méthode est surtout mise en avant pour les tatouages imposants. Elle peut prendre des semaines à cicatriser (voir photo ci-contre). Il s’agit à la base d’une technique chirurgicale mise au point en vue de retirer des taches de naissance ou des cicatrices.

Retirer un tatouage à l’aide d’un laser

Retirer un tatouage à l’aide de laser est la technique la plus rependue, et est assez diverse. En effet, il existe plusieurs lasers qui peuvent retirer des tatouages, et tous ne possèdent pas le même mode de fonctionnement, ne servent pas pour les même couleurs, ou encore ne donne pas un résultat identique. Il s’agit donc de vous présenter de manière relativement synthétisée le fonctionnement de ces appareils.

Le fonctionnement d’un laser

Un laser est une amplification d’une source de lumière, projetée à une certaine longueur d’onde prédéfinie, sur un corps physique, et donc ici dans l’épiderme. Avec un faisceau mince, la lumière ne s’éparpille pas. De cette manière, le laser permet de traiter une seule partie bien déterminée du corps. On peut régler l’énergie générée par le laser, de manière à mieux traiter la zone, selon la gravité de la pathologie. La lumière émise par le laser est capable de pénétrer de plusieurs millimètres dans la peau, afin de pouvoir traiter le problème dermatologique qui lui est incombé, et ici en l’occurrence, l’extraction des pigments du tatouage. Selon le type de laser utilisé, ils peuvent fonctionner en mode continu, impulsionnel ou bien déclenché.

De manière plus précise : le Q-Switched

Pour parler plus précisément des lasers du détatouage, nous allons nous intéresser à la technique la plus plébiscité, qui est celle des lasers Q-Switched (voir photo ci-contre). Les lasers Q-Switched sont au nombre de trois. Ils diffèrent par la longueur d’onde qu’ils envoient :

-          Le Laser Q-switched Neodym YAG, qui lui émet à une longueur d’onde de 1064 nm, dans le domaine de l’infrarouge, qui lui permet de bien entrer en profondeur. Mais il est assez mal absorbé par les molécules d’hémoglobine et de mélanine, ce qui entraine souvent des destructions tissulaires. Ce laser possède souvent une seconde longueur d’onde à 532nm, dans le visible (vert) pour doubler le premier rayon. En effet, cette longueur d’onde a un bon effet sur la mélanine de l’épiderme. Ce laser est surtout utilisé pour les couleurs noires, le bleu et le vert, mais  aussi avec les couleurs rouges et jaunes.

-          Le Laser Q-switched Alexandrite, qui émet à une longueur d’onde de 755 nm, dans le rouge extrême. Il est utilisé pour retirer les tatouages aux pigments verts, bleu et violets.

-          Le Laser Q-switched Ruby, émettant à une longueur d’onde de 694nm, dans le rouge. Cette longueur d’onde est bien absorbée par la mélanine, et permet de retirer les pigments foncés tel que le noir, le bleu-noir, le bleu foncé, et le vert.

 

Le laser Q-Switched est un laser qui est en mode déclenché. Il agit donc comme un obturateur, et ne laissera passer que de très grosses impulsions énergétiques, et ce dans des délais très courts, de l’ordre de quelques nanosecondes.

Toutefois, il existe quelques contrindications à ces lasers. En effet, certains patients pourraient développer, suite à l’utilisation des lasers rubis ou alexandrites, une hypopigmentation, qui pourrait faire disparaitre les pigments de leur peau, ou bien une hyperpigmentation des peaux déjà plus foncées. Le laser Neodym YAG respecte mieux la peau.

L’extraction des pigments

La technique du laser pigmentaire Q-Switched pour retirer les pigments du tatouage est assez simple : le pigment présent sous la peau est détruit par le laser, et le corps s’en débarrasse par la suite de manière naturelle. On remarque que les tatouages les plus anciens sont plus faciles à enlever, et que les plus récents sont eux plus complexe à retirer, et demande plus de temps.

Dans cette intervention, les couleurs du noir, du bleu et du rouge sont assez rapide à retirer, il n’en n’est pas de même pour les couleurs vertes, orange, bleu clair… Celles-ci mettent du temps à s’estomper, et parfois ne disparaissent que partiellement. Autre élément notable toutefois, le laser est pratiquement inefficace pour les tatouages à l’encre jaune. Celle-ci ne disparait pas, et toute suppression d’un tatouage de cette couleur devra se faire d’une autre manière.

Après avoir pratiqué une séance de laser, il est courant de remarquer un certain blanchiment de la peau ou même un saignement assez léger pendant les heures qui suivent, ainsi que quelques croutes dans les jours qui suivent.

Pour finir, une suppression de tatouage avec un laser Q-Switched se fera sans trop de douleur, et le résultat sera tel qu’il ne restera que très peu de trace du tatouage, et aucune cicatrice sur la peau. Bien que celle-ci ne redeviennent pas exactement la même qu’avant le tatouage, le résultat reste très discret. Néanmoins, cette technique a un coût assez important, qui est de l’ordre de 700 à 6000 euros, selon la taille, les couleurs, et le nombre de séance prises, qui vont généralement de 3 à 10.

Suite à notre entrevu avec le Docteur Casadio, nous avons aussi appris que l’utilisation du Q-Switched peut aussi faire virer les pigments : un pigment vert peut se changer en rouge sous l’effet du laser. Dans ces cas là, il ne sert à rien de réessayer, le laser ne fonctionnera pas. Il n’est pas rare que ce genre de problème arrive, aussi, le laser est toujours testé sur une petite partie de la peau, afin de prévenir un problème.

Un autre laser, le CO2 ultra-pulsé.

Le laser C02 ultra-pulsé (voir photo ci-contre), est un laser constitué de gaz carbonique, d’azote, et d’hélium. Il fonctionne avec le même mode que le Q-Switched, et est utilisé pour effectuer une ablation très précise sans causer de dommage à la peau. Il permet de rendre à la peau sa texture et sa tonicité après avoir retiré les pigments, au même titre que le Q-Switched. Certains médecins utilisent d’ailleurs parfois les deux machines de concert, en modifiant légèrement leurs réglages communs.

Ce laser-ci diffère cependant du Q-Switched de par son utilisation. En effet, il ne nécessite qu’une seule séance, ne convient qu’aux peaux claires et se pratique sous anesthésie locale. Le résultat sera immédiatement visible. Suite à l’intervention et à l’extraction des pigments, des croutes se forment durant 8 à 10 jours, et la peau présente des rougeurs pendant 2 à 4 semaines. Le soleil est strictement prescrit pendant 4 à 6 semaines sans écran total, la peau étant relativement sans défense là où à eut lieu l’intervention.

Le tatouage : un choix qui perdure

La science avance avec le tatouage, et propose de plus en plus de solutions pour parer à tout problème qu’il peut présenter. Cependant, à l’heure où ce paradoxe du tatouage et du détatouage s’intensifie de plus en plus, nous sommes en droit de nous demander la légitimité de tout ceci. Même si le tatouage se développe de plus en plus, n’es ce pas aussi parce que nous connaissons aujourd’hui des alternatives pour s’en débarrasser et pour rendre, par conséquent, le choix du tatoué moins eternel? Le tatouage n’a-t-il pas perdu de sa ampleur en devenant, pour certains, juste une lubie ?

avant-apres-q-switched.jpgIntervention - Q Switched

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