Le tatouage dans la société

Le tatouage a connu une grande évolution au cours du temps. En effet en dehors des techniques qui se sont perfectionnées, son utilité a aussi varié. Avant il servait notamment à soigner grâce à ses vertus thérapeutique, à honorer des divinités, à instaurer une hiérarchie en fonction des classes sociales, à punir des criminels...  Aujourd'hui le tatouage est assimilé à un phénomène de mode et non plus à une pratique de marginaux. On peut le voir d'abord par la prolifération des studios de tatouage, autant dans les grandes villes que dans les villages de campagne, mais aussi par leur présence de plus en plus fréquente sur le corps des célébrités qui les portent de manière ostentatoire.

 

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Les motivations des tatoués :

            Les psychologues expliquent la popularité du tatouage par divers motifs. Tout d'abord le fait de se faire tatouer peut permettre d'appartenir à un groupe social. Il crée un lien indestructible et éternel entre chaque personne de ce groupe de par le fait qu’il soit indélébile.

            Ensuite il peut aussi servir de rite de passage entre l'adolescence et l'âge adulte. Ici le tatoué clame le fait qu'il est maître de son propre corps et que par conséquent il est libre de le transformer à sa convenance.

            Puis paradoxalement à sa popularité, il peut avoir pour but d'affirmer son originalité, son côté rebelle qui refuse de rentrer dans les rangs. De plus, il peut favoriser sa confiance en soit, son pouvoir de séduction : le tatoué n'est plus emprisonné dans ce corps qu'il trouve horriblement banal, il devient une œuvre d'art unique et agréable à regarder.

            D'un autre côté, selon certains psychologues, les tatouages peuvent aussi répondre à un malaise car ils sont souvent réalisés lors de périodes difficiles et marquantes afin d'exorciser des angoisses, de renforcer la confiance en soit par l'appartenance à un groupe ou en utilisant un corps original pour affirmer une personnalité similaire. Le tatoué soigne le mal par le mal : il soigne sa souffrance psychologique par une douleur physique, s'apparentant à la scarification qui laissera une trace intemporelle telle une cicatrice. On peut donc en conclure que le tatouage n'est, en fait, qu'une manière d'exprimer un profond mal-être. Toute fois cette théorie n'est avancée que par certains psychologues, il ne s'agit en aucun cas de généralité.

 

Le statut de tatoueur :

            En dehors du phénomène de mode, certains reconnaissent au tatouage ses propriétés artistiques particulièrement grâce aux compétences graphiques qu'il requiert. C'est d'ailleurs pour cela que l'une des différentes sortes de tatouage est qualifiée d'artistique. Néanmoins les beaux arts ne préparent pas à ce métier, car les étudiants de ces écoles sont habitués à pouvoir retravailler chacun de leur trait alors que le tatoueur ne peut se le permettre. C'est pourquoi la plupart d'entre eux sont anxieux et tremble lorsqu'ils tatouent. Pour être un bon tatoueur, il faut donc avoir une habileté innée pour le dessin. Pourtant celui-ci n'est pas considéré comme une forme d'art à part entière à cause de la « maison des artistes » qui prétexte que la peau ne peut prétendre être un support artistique, du moins pour l'instant !

            De plus le code de la propriété intellectuelle est incompatible avec le fait que le tatouage soit considéré comme une forme d'art car l'article L121-7-1 dit qu’un artiste est  propriétaire de son œuvre et qu'il peut de ce fait la retravailler à sa guise. Cela serait donc contradictoire avec l'article 16-3 du code civil qui explique que, dans ce cas, le tatoueur serait dans l'obligation d'obtenir l'accord du tatoué pour raison d’intégrité du corps humain.

             Malgré tout, quelques lois les protège en tant qu'artistes. Principalement si le tatouage est un modèle créé par le tatoueur. Celui-ci devient l’œuvre du tatoueur selon l'article L112-2. Par conséquent, il est le seul à privilégier, de son vivant, des droits de reproduction et d'exploitation suivant les articles L122-1 et L123-1 du code de la propriété intellectuelle. C'est pourquoi lorsque le chanteur, Johnny Hallyday, a utilisé l'un de ses tatouages pour illustrer sa pochette d'album (voir photo ci-contre) ainsi que les affiches de promotion de sa tourné, son tatoueur, Jean-Philippe Daures, a pu porter plainte. En effet, le chanteur, conformément à l'article L122-3, a reproduit l’œuvre du tatoueur. Il est donc en tord d'après l'article L122-4 qui énonce le fait que toute copie intégrale ou partielle, d'une œuvre, sans le consentement de l'auteur, est interdite. Sa maison de disque a été contrainte à payer une un montant d'environ 38112,25€ pour les dommages et intérêts.

            Cependant le Syndicat National des Artistes Tatoueurs, crée en 2003 par deux célèbres  tatoueurs Tin-tin et Rémy, lutte pour être respecté, à part entière, en tant qu'artiste auprès de l'état et de l'administration fiscale et pour que le tatouage artistique et créatif soit reconnu en France. En effet, cet organisme mène de nombreuses démarches afin d'atteindre leurs buts. D'ailleurs, celles-ci commence à aboutir : à défaut d'être reconnu, le tatouage commence à être réglementé. En attendant les tatoueurs sont libres de s'autoriser des « caprices d'artiste ». Ils peuvent refuser de tatouer selon leur libre arbitre. Par exemple, les tatoueurs que nous avons rencontré s'opposer à modifier le corps de personnes qu'ils jugeaient être sous l'emprise de l'alcool ou de drogue, ou qui demandaient des motifs comme une croix gammée, ou encore deux trop jeunes amoureux souhaitant faire inscrire le nom de l'autre.

Œuvre du tatoueur Tin-tin

Le tatouage dans le monde du travail :

            Il faut savoir que se faire tatouer n'est pas une décision à prendre à la légère. En dehors de l'aspect irréversible de cet acte qui peut être regretté avec le temps, il faut aussi prendre en compte le fait que les tatoués sont victimes de préjugés pouvant provoquer l'ostracisme autant que l'admiration car être tatoué c'est affirmer une différence qui peut effrayer comme passionner son entourage. Pourtant le tatouage relève à la fois de la liberté d'expression et du domaine privé. C'est pour cela qu'il faut avoir connaissance de certaines lois pour palier aux discriminations potentiellement présentes dans le monde du travail. Il y a, par exemple l'article L.1132-1 du code du travail qui stipule qu'aucune différence, dans n'importe quel domaine, qu'elle soit direct ou indirect, n'est autorisé pour diverses raisons notamment celle de l'apparence physique. La notion d'apparence dans cet article est récente : elle date du 16 novembre 2001. De plus, l'employeur ne peut interdire, par une clause particulière dans leur contrat ou le règlement intérieur, à ses employés d'être tatoués car ils sont protégés par la loi n°1321-3. Elle interdit à tout employeur d'instaurer des dispositions allant à l'encontre des libertés individuelles de ses employés. Par contre si l'employeur ne peut empêcher à l'un de ses employés d'être tatoué, il peut, théoriquement, demander a celui-ci de camoufler son tatouage s'il nuit à l'entreprise.

            Il y a, d'ailleurs, plusieurs exemples de procès tels que celui du 11 octobre 2001 à la Cour d'Appel de Toulouse concernant une serveuse ou celui du 27 mai 2009 à la Cours Supérieur du Québec concernant une éducatrice d'un centre de la petite enfance. Dans ces deux cas, le tribunal déclare que la décision des employeurs a été abusive. Ces exemples ont pour but de nous rappeler que les lois ne peuvent être contournées. Par ailleurs ils vont à l'encontre du sondage que nous avons effectué : bien que 97,8% des personnes interrogées reconnaissent que, d'après eux, le tatouage peut entraver un recrutement, ils déclarent à 73,4% ne voir aucun inconvénient à embaucher quelqu'un qui est tatoué.

             Néanmoins, il y a des cas particuliers comme dans la police nationale ou l'armée. Dans le premier cas, le Ministère de l'Intérieur impose que si la présence d'un tatouage est détectée lors de la visite médicale, il est dans l'obligation d'être supprimé. Dans le second cas, le dessin ne doit seulement pas apparaître sous les tenues réglementaires. Cependant, des témoignages rapportent que des policiers se seraient fait faire tatouer après la visite médicale et apparemment cela serait toléré dans la mesure, où, comme les militaires, il ne soit pas perceptible sous l'uniforme (voir photo ci-contre).

 

Le prix d'un tatouage :

            Le prix d'un tatouage est, depuis longtemps, réputé pour être cher. Cependant il peut varier selon différents critères. Le tatoueur peut se faire payer en fonction de son temps de travail (généralement entre 50€ et 100€ de l'heure) ou en fonction du travail effectuer. Habituellement les tatoueurs définissent le prix d'un tatouage en fonction du coût minimum de la réalisation de celui-ci. Pour cela ils prennent en compte la somme des dépenses du matériel jetable, du temps nécessaire à la préparation de la séance ainsi que l'usure des machines et de l'équipement non renouvelable et parfois ils peuvent demander de verser une caution pour la création d'un motif exclusif et personnalisé en fonction des requêtes du client.

            Il y a des nombreux facteurs qui influent sur le prix d'un tatouage tels que l'encre utilisé. En effet un tatouage monochrome sera moins coûteux qu'un tatouage multicolore car le changement de couleur oblige les tatoueurs à laver les aiguilles et à utiliser plus de matériel. La taille n'est pas neutre non plus, un tatouage de grande taille sera, évidemment, plus cher qu'un petit pour des raison de temps et de quantité d'encre. La complexité est, de même, prise en compte parce que plus le motif est détaillé, plus il demande de minutie et par conséquent de temps. L'emplacement importe également : les parties plates du corps permettent une réalisation plus facile tandis que celles qui sont courbes ou situées au niveau d'articulation demandent plus de patience et de concentration.

            Il y a, tout de même, comme dans n'importe quelle discipline, des records.  Le  tatouage le plus cher du monde a coûté environ 768 585 € et 8h de travail intensif. Il a été réalisé en Afrique du sud sur le dos de la top modèle et ambassadrice de la marque Shimansky,  Minki Van Der Westhuizen. Ce tatouage (voir photo ci-contre) a la particularité de n'être composé, non pas d'encre, mais de 612 diamants de 0.5 carats chacun, incrustés dans la peau à l'aide d'un adhésif à base d'eau !

 

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